Africa-Press. Le président américain Donald Trump a accusé la Grande-Bretagne d’avoir commis une « Grande Folie » en signant en 2024 un accord pour remettre les îles Chagos, situées dans l’océan Indien, à Maurice, alors qu’il cherche lui-même à contrôler le Groenland danois.
Trump a écrit sur sa plateforme Truth Social: « Abandonner un territoire d’une importance capitale est une grande erreur, et c’est une raison supplémentaire parmi une longue série liée à la sécurité nationale qui justifie l’acquisition du Groenland. »
Il s’agit d’un revirement majeur pour Trump, qui avait auparavant soutenu l’accord.
En 2024, la Grande-Bretagne avait conclu un « accord historique » avec Maurice, reconnaissant la souveraineté de son ancienne colonie sur les îles Chagos tout en conservant une base militaire conjointe américano-britannique à Diego Garcia, la plus grande île de l’archipel, selon un contrat de location.
La Grande-Bretagne avait conservé les îles Chagos après l’indépendance de son ancienne colonie dans les années 1960.
L’alliée astucieuse
Trump a écrit: « Dans une démarche étonnante, la Grande-Bretagne, notre alliée (astucieuse) au sein de l’OTAN, prévoit actuellement de céder l’île de Diego Garcia, où se trouve une base militaire américaine vitale, à Maurice, et ce sans raison aucune. »
Il a ajouté: « Il ne fait aucun doute que la Chine et la Russie remarquent cette action qui montre une faiblesse totale. Ce sont des puissances internationales qui ne respectent que la force. C’est pourquoi les États-Unis sous ma direction sont respectés après seulement un an, comme jamais auparavant. »
Trump a comparé Chagos au Groenland et écrit: « Le Danemark et ses alliés européens doivent faire ce qui est nécessaire. »
L’accord sur Chagos a été signé en mai dernier à Londres, avec le soutien des États-Unis à l’époque.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a salué sur X un accord « garantissant une utilisation stable, durable et efficace de la base de Diego Garcia, essentielle pour la sécurité régionale et mondiale. »
La Grande-Bretagne et Maurice défendent l’accord sur Chagos
La Grande-Bretagne et Maurice ont défendu l’accord de restitution de l’archipel des Chagos à la souveraineté mauricienne.
Un porte-parole du gouvernement britannique à Downing Street a déclaré, en réponse aux propos de Trump, que l’accord « assure la poursuite de l’exploitation de la base militaire américano-britannique à Diego Garcia pour les générations futures ».
Il a ajouté que l’accord « a été publiquement salué par les États-Unis et l’Australie, ainsi que par tous les autres alliés du réseau Five Eyes, à savoir le Canada et la Nouvelle-Zélande, et par des partenaires internationaux majeurs, dont l’Inde, le Japon et la Corée du Sud. »
Contexte historique
Le différend remonte à 1968, lorsque la Grande-Bretagne a conservé le contrôle des îles Chagos après l’indépendance de Maurice. Dans les années suivantes, environ 2 000 habitants de l’archipel, notamment de Diego Garcia, ont été expulsés de force pour permettre la construction de la base militaire.
À Maurice, le gouvernement a affirmé que la restitution des îles Chagos à la souveraineté nationale « ne devrait plus être discutée ». Port Louis adopte une position ferme et équilibrée, confirmant son attachement à l’accord, tandis qu’elle attend la finalisation des procédures législatives à Londres pour ratifier le traité.
Les autorités mauriciennes considèrent les déclarations de Trump comme un « changement soudain de position américaine », suscitant inquiétude et colère dans le pays, notamment parmi les dirigeants politiques et les représentants des habitants de Chagos. Maurice a insisté sur le fait que l’accord a été négocié et signé exclusivement entre le Royaume-Uni et la République de Maurice, et qu’aucune tierce partie n’est concernée.
Le gouvernement mauricien a salué les déclarations britanniques initiales confirmant l’intention de Londres de ratifier l’accord dès que les procédures en cours à la Chambre des communes seront terminées.
Dans un communiqué, le ministre mauricien de la Justice, Gavin Glover, a souligné que « la souveraineté de la République de Maurice sur l’archipel des Chagos est reconnue de manière définitive par le droit international et ne devrait plus être remise en question ».
Sur le plan politique interne, Khoshal Lubin, député du parti majoritaire, a exprimé sa « surprise et son inquiétude face à l’évolution rapide de la géopolitique mondiale ». De son côté, Olivier Bancoult, leader du groupe Chagossien, a qualifié la position de Trump d’« incompréhensible », renouvelant sa confiance dans la ratification britannique de l’accord.
Bancoult a affirmé que l’accord représente une étape nécessaire « pour réparer une injustice historique de plus de soixante ans » et permettre aux habitants des Chagos de retourner sur leurs terres après des décennies d’exil forcé.





