Crise Éducative: Dialogue Entre Assemblée et SOS Éducation

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Crise Éducative: Dialogue Entre Assemblée et SOS Éducation
Crise Éducative: Dialogue Entre Assemblée et SOS Éducation

Africa-Press – Gabon. Alors que la grève des enseignants continue de paralyser l’école publique malgré des annonces d’avancées dans les négociations avec le gouvernement, le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, a convié le collectif SOS Éducation «la Base» à une audience officielle. Cette initiative parlementaire vise à relancer le dialogue et à trouver une issue institutionnelle à une crise sociale aux lourdes conséquences pour l’année scolaire et l’avenir de milliers d’élèves.

Dans un contexte de tension sociale profonde, le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, a formellement invité le collectif SOS Éducation «la Base» à une audience avec le Bureau de son institution, programmée pour le mercredi 4 février 2026 à 14h00 au Palais Léon-Mba à Libreville. L’objectif officiel: ouvrir un espace de dialogue approfondi entre les parties prenantes afin de trouver une issue à la crise qui paralyse l’enseignement public depuis plus d’un mois.

L’invitation, adressée aux représentants de SOS Éducation, survient alors que les discussions engagées entre le gouvernement et les organisations enseignantes ont permis certains progrès, notamment la mise en place d’une commission tripartite et l’annonce de mesures en réponse aux revendications des enseignants. Cependant, malgré ces avancées, SOS Éducation refuse toujours de lever la grève tant que des garanties concrètes — dont la publication d’une liste complète des enseignants à régulariser — ne sont pas obtenues.

Une grève historique et des revendications claires

Le mouvement de grève, lancé en décembre 2025 par plusieurs syndicats du secteur — notamment le Syndicat des enseignants de l’éducation nationale (SENA), SYNETECPRO et SOS Éducation — a culminé début janvier 2026 avec la fermeture quasi totale des écoles publiques dans tout le pays. Les enseignants réclament principalement:

La régularisation des situations administratives et des carrières, bloquées depuis plusieurs années ;

L’amélioration des conditions de travail et la revalorisation salariale ;

Des engagements vérifiables et transparents de la part de l’État.

Les autorités ont répondu par une série de mesures, dont la promesse de régulariser plusieurs milliers de dossiers administratifs à partir de février 2026. Elles ont également créé une commission intersectorielle chargée de traiter les cas en souffrance.

La défiance persiste: la base dit « non »

Malgré ces annonces, l’assemblée générale du 31 janvier organisée par SOS Éducation a confirmé la poursuite du mouvement dans la plupart des provinces, la plateforme estimant que les concessions gouvernementales ne répondent pas encore aux attentes de ses membres. Seule la province de l’Ogooué-Lolo a validé une reprise partielle des cours, dans ce qui pourrait être la première fissure du front syndical.

Les enseignants ont notamment dénoncé une absence de consensus entre leurs représentants et la base, ainsi que le manque de garanties formelles sur le calendrier et la mise en application des engagements.

Un contexte national sous tension

La paralysie du système éducatif intervient dans un contexte social tendu au Gabon, où le secteur enseignement constitue l’un des premiers frontaux de mobilisation depuis plusieurs semaines. Cette grève est la plus longue et suivie depuis des années et se déroule pendant que les autorités mettent en œuvre des réformes économiques et sociales dans un climat post-transition politique.

L’invitation de l’Assemblée nationale à SOS Éducation, portée par Michel Régis Onanga Ndiaye, s’inscrit dans cette dynamique: réaffirmer le rôle des institutions dans la médiation sociale, tout en cherchant à éviter une escalade qui pourrait mener à l’année blanche. Mais le succès de cette tentative de dialogue dépendra de l’aptitude du gouvernement à apporter des réponses jugées crédibles et tangibles par la base du mouvement.

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