Gladys West: De Fille d’Agriculteurs à Pionnière du GPS

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Gladys West: De Fille d'Agriculteurs à Pionnière du GPS
Gladys West: De Fille d'Agriculteurs à Pionnière du GPS

Africa-Press – Benin. Née en 1930 dans une famille d’agriculteurs du comté de Dinwiddie en Virginie (Etats-Unis), Gladys West se distingue dès son plus jeune âge par ses capacités en mathématiques. Première de sa classe au lycée, elle obtient une bourse lui permettant d’aller étudier à l’Université de l’Etat de Virginie.

Elle mise ainsi sur l’éducation comme voie d’émancipation et déclare lors d’un entretien accordé en 2020 au Guardian: « Je savais que je devais obtenir un diplôme et partir. Je ne voulais pas rester là toute ma vie ». La jeune mathématicienne est ainsi diplômée en 1952 d’une licence, puis en 1955 d’un master. En parallèle, elle travaille dans l’enseignement afin de financer ses études.

Des modèles mathématiques au GPS

A la sortie de l’université, elle est recrutée en tant que programmeuse par l’US Navy. Employée sur la base navale de Dahlgren, en Virgine, elle devient la deuxième femme noire à ce poste, dans un contexte de ségrégation encore marqué. Cette base navale, où Gladys West travaillera pendant 42 ans, est un centre de recherche et développement de systèmes complexes de défense, en particulier pour la guerre navale.

Or, en 1957, la course à l’espace est entamée par les Russes, qui réussissent à envoyer pour la première fois un satellite dans l’espace. Peu de temps après, les Etats-Unis ripostent et placent plusieurs satellites en orbite. La mission de Gladys West se dessine alors: développer un système permettant de traiter l’immense quantité de données récupérées par ces satellites. Elle remplace ainsi ses équations mathématiques, rédigées sur papier, par des lignes de code dans d’immenses ordinateurs, notamment l’IBM 7030 « Stretch », le superordinateur le plus rapide de l’époque.

Avec ses calculs, elle élabore des modèles géodésiques visant à estimer la forme de la Terre au millimètre près. Ces modèles permettent également de corriger les trajectoires des satellites. Elle publie ses travaux dans un guide intitulé « Spécifications du système de traitement de données pour l’altimètre radar du satellite Geosat » et se voit confier le poste de chef de projet de Seasat, le premier satellite à télédétecter les océans.

L’ensemble de ces modèles mathématiques mesurant la forme et les dimensions de la Terre se révèlent essentiels pour évaluer l’altitude et le positionnement d’un point sur la planète. Ces programmes aboutissent ainsi au développement du Global Positioning System, plus connu sous le nom de GPS. En effet, ce système de navigation alimenté par des données satellitaires, nécessite une surface terrestre de référence extrêmement précise pour calculer la distance séparant plusieurs satellites et déduire la localisation d’un émetteur.

« Nous n’avions jamais pensé que cela aurait des répercussions dans la vie civile »

Le GPS est mis en place pour l’armée en 1973 et pour la société civile dix ans plus tard. Désormais omniprésent dans l’aviation, les systèmes de secours et les smartphones, Gladys West n’a pas tout de suite mesuré l’impact de ses recherches: « On ne s’imagine jamais que son travail dans le domaine militaire puisse avoir un tel impact. Nous n’avions jamais pensé que cela aurait des répercussions dans la vie civile. Ça a été une agréable surprise », avait-elle confié au Guardian.

En quête inépuisable d’amélioration, la scientifique publie en 1984 de nouveaux modèles intégrant des facteurs de déviation pour améliorer la précision des mesures. L’US Air Force félicite également sa participation à une « étude astronomique novatrice et primée qui démontra, au début des années 1960, la régularité du mouvement de Pluton par rapport à Neptune ».

Gladys West quitte ses fonctions à la base navale de Dahlgren en 1998, mais n’arrête pas de travailler pour autant. A 70 ans, après un accident vasculaire cérébral, elle décroche une thèse en administration publique et politiques publiques.

Oubliées puis redécouvertes récemment, ses contributions en géodésie lui valent en 2018 une intronisation au Hall of Fame (Temple de la renommée) de l’US Air Force, l’un des plus grands honneurs du Commandement spatial de la Force aérienne. Elle est également décorée par l’Académie Royale d’Ingénierie britannique, une première pour une femme.

A ce titre, elle appelait à soutenir davantage les femmes et les minorités dans les sciences: « Nous avons dû prouver que nous étions aussi capables et compétentes que les autres. Il n’y a aucune différence dans le travail que nous pouvons accomplir ».

Pionnière des modèles de géodésie par satellite et des systèmes de navigation, Gladys West, s’est éteinte le 17 janvier 2026, à l’âge de 95 ans.

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