Africa-Press – Burkina Faso. La deuxième session ordinaire 2025 du Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM) du ministère de la Transition digitale, des postes et des communications électroniques s’est tenue ce 29 décembre 2025 à Ouagadougou dans un contexte marqué par de multiples défis. À la date du 30 novembre 2025, le département enregistre un taux d’exécution physique global de 78,05 %, tandis que La Poste Burkina Faso améliore significativement ses performances et son positionnement international.
Le ministère de la Transition digitale, des postes et des communications électroniques a tenu la deuxième session ordinaire de son Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM). Cette rencontre stratégique, placée sous le thème « Modernisation des réseaux postaux, inclusion financière et numérique: construire la Poste de demain au service du citoyen », a servi de cadre pour évaluer les interventions menées au cours de l’année 2025 et examiner les perspectives pour 2026.
Dans son discours d’ouverture, la ministre en charge du département, Dr Aminata Zerbo Sabané, a rappelé que le CASEM constitue un espace privilégié de concertation, de redevabilité et d’orientation stratégique. Il permet non seulement d’évaluer les engagements pris, mais aussi d’identifier avec lucidité les insuffisances et les difficultés rencontrées dans l’exécution des activités, afin d’y apporter les ajustements nécessaires.
Un contexte difficile, mais des résultats encourageants
L’année 2025 a été marquée par la persistance des crises sécuritaire et humanitaire, ainsi que par le renchérissement du coût des technologies à l’échelle mondiale. Malgré ce contexte contraignant, le ministère a poursuivi avec détermination la mise en œuvre de ses actions prioritaires, portées par une amélioration progressive de la situation sur le terrain, rendue possible grâce à l’engagement des forces de défense et de sécurité. Pour structurer son action, le département a identifié douze chantiers stratégiques constituant la feuille de route de la transformation digitale du Burkina Faso à l’horizon 2030. Parmi ces priorités figure le chantier « zéro zone blanche », pilier de l’inclusion numérique. À ce titre, les réseaux mobiles haut débit 3G et 4G ont été déployés dans 126 localités, tandis que les travaux ont été lancés dans 750 autres localités identifiées comme zones blanches. Cette dynamique vise à réduire la fracture numérique et à améliorer l’accès des populations aux services essentiels.
Toujours dans la logique de l’inclusion, le ministère a engagé la mise en œuvre des Zama tchey, ou Maisons du citoyen. Deux infrastructures sont en cours de construction à Ouagadougou et à Kaya, grâce à la contractualisation déjà effective. Par ailleurs, l’adoption du contrat-plan État. La Poste Burkina Faso permettra, dès 2026, la construction de nouvelles Maisons du citoyen dans quatre chefs-lieux de région et vingt communes rurales.
Sur le plan de l’e-gouvernance, des avancées notables ont été enregistrées avec l’interconnexion de 88 nouveaux bâtiments publics au réseau RESINA, la dématérialisation de plus de 60 procédures administratives, dont 36 déjà opérationnelles, ainsi que la généralisation de plateformes de gestion financière dans respectivement 197 et 146 structures publiques. Ces actions visent à renforcer la transparence, l’efficacité administrative et la gestion rationnelle des ressources publiques.
Des progrès significatifs ont également été réalisés en matière de souveraineté numérique. Le ministère a finalisé la construction d’un mini data center, tandis que celle d’un second est à un stade très avancé. Ces infrastructures traduisent la volonté de l’État d’héberger et de sécuriser ses données au niveau national. Dans le même élan, la sécurisation du cyberespace national a été renforcée à travers l’adoption de trois décrets d’application de la loi sur la sécurité des systèmes d’information et la délivrance de 338 agréments techniques, contribuant ainsi à instaurer la confiance dans l’écosystème numérique.
Une Poste burkinabè en pleine mutation
Le CASEM a également permis de faire le point sur les performances de la Poste Burkina Faso. Malgré une baisse du volume du courrier traditionnel, le chiffre d’affaires est en progression continue depuis 2020, avec un bond significatif en 2024, selon le directeur général, Ibrahim Saba. « Entre 2020 et 2025, le nombre d’agences postales est passé de 116 à 130, portant la couverture postale à 37 %. Sur le plan international, la Poste Burkina Faso enregistre une progression remarquable. Elle est classée 86e sur 180 pays avec un score de 52,6 sur 100 et un niveau 6 de maturité des activités. En 2024, elle occupait la 104e place mondiale, soit un gain de 45 places entre 2023 et 2025. À l’échelle africaine, elle se positionne désormais au 10e rang. Cette performance, marquée par un bond de 20,8 points par rapport à 2024, est portée par les innovations numériques et le développement de services postaux électroniques », a-t-il fait à travers une présentation.
Au terme de l’exercice, l’ensemble des actions mises en œuvre a permis d’atteindre, au 30 novembre 2025, un taux d’exécution physique global de 78,05 %.
Ces résultats sont le fruit de l’engagement collectif des acteurs du secteur, de la synergie entre services centraux, structures rattachées, projets et programmes, ainsi que de l’appui des partenaires techniques et financiers. Toutefois, la ministre a souligné que ces acquis, aussi appréciables soient-ils, invitent à redoubler d’efforts face aux défis persistants. Il s’agit notamment du renforcement de la souveraineté de l’État à travers la transition digitale, de l’amélioration de la gouvernance sectorielle, du développement de l’administration électronique, de l’accès équitable aux services de communications électroniques, de la modernisation du secteur postal et de la sécurisation durable du cyberespace national.
Les travaux du CASEM se sont poursuivis avec l’examen et l’adoption du Plan de travail annuel 2026, appelé à consolider les acquis, corriger les insuffisances et accélérer la transformation numérique du Burkina Faso au service du bien-être des populations.
Farida Thiombiano
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