Interdiction d’enregistrement du procès Thomas Sankara : Quand tout le monde paie pour la turpitude des uns !

Interdiction d’enregistrement du procès Thomas Sankara : Quand tout le monde paie pour la turpitude des uns !
Interdiction d’enregistrement du procès Thomas Sankara : Quand tout le monde paie pour la turpitude des uns !

Africa-PressBurkina Faso. Le procès du dossier Thomas Sankara et ses douze compagnons ne sera ni enregistré ni diffusé. Il ne le sera même pas par l’armée. Ainsi a coupé court le tribunal militaire face aux nombreuses sollicitations d’avocats de la partie civile et.

« Dommage ! », peut-on déplorer du fait que le procès Thomas Sankara et compagnons ne sera ni enregistré ni diffusé. L’on s’en tiendra à la méthode classique, c’est-à-dire le greffe. Les porteurs de l’idée d’une publicité ou d’un enregistrement du déroulement du procès ont beau démontrer la pertinence, dont l’aspect pédagogique et mémoriel pour le Burkina, voire le monde entier, le tribunal et la défense ont visé les textes en la matière.

Même la possibilité de l’exception accordée au président du tribunal d’apprécier l’opportunité de la diffusion et/de l’enregistrement n’a pas convaincue le tribunal d’aller dans ce sens. L’on ne peut donc en vouloir au tribunal d’avoir dit le droit. Tout comme à la défense d’avoir demandé que la loi soit appliquée. Le tribunal, autorité compétente, a tranché, il faut s’en tenir à là.

Mais, n’est-il pas plus bénéfique maintenant de se poser de bonnes questions relatives à la mesure et d’en tirer des leçons ? Il nous semble que cela est plus pertinent, car, comme on aime à le dire, lorsqu’on trébuche et qu’on tombe, il faut regarder là où l’on a trébuché plutôt que l’endroit où on est tombé. S’inscrivant dans cet esprit, des faits et le contexte national burkinabé amènent à dire que le tribunal a vu juste par cette décision.

Tous ceux qui rêvaient d’un procès en direct ou enregistré sont victimes de la pratique que certains Burkinabè font, ces dernières années, des réseaux sociaux. C’est triste, mais il faut le dire, car tout cela a dû jouer dans la balance du juge. Ce sont, du reste, des inquiétudes qui sont ressorties lors des discussions entre les avocats des parties. Le Procureur militaire, présentant les avantages et les inconvénients de chacune des deux options, a fini par suggérer que si enregistrement il y a, qu’il soit confié à la direction de la communication de l’armée.

Le souci étant certainement de minimiser tout risque de fuite. Sauf qu’en réalité, même là, le doute ne semble pas se dissiper, au regard de certains faits. Pas plus tard que la semaine écoulée, c’est une note interne à l’armée…, relative à la situation sécuritaire, qui s’est retrouvée sur les réseaux sociaux. On se souviendra également que lors d’une de ses interventions publiques, le président de l’Assemblée nationale, Bala Alassane Sakandé, a interpellé les forces de défense et de sécurité sur certaines attitudes qui consistent à balancer des images du front sur les réseaux sociaux.

Plusieurs fois également, des documents administratifs, frappés du sceau de la confidentialité, des éléments sonores d’échanges en privé, se sont retrouvés sur les réseaux sociaux pour soit résoudre des comptes personnels, faire pression directement ou indirectement sur des décideurs ou à des fins malveillantes !

La confidentialité s’est énormément effritée. Dans un tel contexte, peut-on avoir une assurance que des enregistrements ne se retrouveront pas sur la place publique et/ou dans des mains inappropriées ?

Dans toutes situations de conflits, comme celle que traverse le Burkina, il faut limiter au maximum les risques de s’exposer, synonyme de vulnérabilité. Alors, il faut faire le choix entre ce qui plaît et ce qui est utile pour le pays. Le tribunal, lui, semble avoir choisi ce qui est utile pour le pays. O.L

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