Une balise GPS retrace les derniers instants d’un oiseau migrateur, fauché à 3000 m d’altitude par un faucon

Une balise GPS retrace les derniers instants d'un oiseau migrateur, fauché à 3000 m d'altitude par un faucon
Une balise GPS retrace les derniers instants d'un oiseau migrateur, fauché à 3000 m d'altitude par un faucon

Africa-Press – Burkina Faso. ertains oiseaux migrateurs volent à des altitudes très élevées, jusqu’à 7000 m voire plus. Une hypothèse (non testée) était avancée pour expliquer ce phénomène: ces oiseaux espèrent ainsi éviter les rencontres avec des prédateurs. Mais cette théorie est mise à mal par une nouvelle étude menée par des chercheurs néerlandais.

Si la migration offre des avantages non négligeables aux espèces qui la pratiquent, elle reste dangereuse et peut être associée à un taux élevé de mortalité. « Un facteur important contribuant à ces taux de mortalité élevés est le risque accru de prédation pendant la migration », rappellent les auteurs de cette nouvelle étude publiée le 7 octobre 2024 dans la revue Ecology.

Concernant les oiseaux migrateurs, ce risque a surtout été étudié lorsque ceux-ci font une halte. Mais les oiseaux sont-ils pour autant en sécurité lorsqu’ils volent même à haute altitude ? Un pluvier argenté (Pluvialis squatarola), oiseau migrant à travers le nord de l’Europe, a démontré, bien malgré lui, que voler haut ne suffit pas.

Un brutal changement de cap

L’oiseau était équipé, comme plusieurs de ses congénères, d’une balise GPS capable de donner des informations sur sa position, dont son altitude, mais aussi sur son accélération. Ces données permettaient aux chercheurs de suivre l’animal à la trace jour après jour.

Ainsi, le 27 mai 2023 à 21h58, le volatile « a soudainement arrêté son vol migratoire. Au même moment, le signal d’accélération corporelle du dispositif de suivi de ce pluvier a chuté fortement, passant de 1.45 à 0.27 g », relate l’étude. Deux minutes plus tard, le GPS enregistrait l’altitude: 2882 m au-dessus du sol (environ 2900 m au-dessus du niveau de la mer). L’outil a dévoilé aussi un brutal changement de cap et une baisse de la vitesse de vol.

Les positions suivantes sont restées identiques: le GPS n’a plus émis que sur une même position, à 8 km de là. « La balise et les restes de l’oiseau ont été trouvés à moins de 200 m d’un nid de pèlerin, suggérant sans aucun doute que la prédation par un faucon pèlerin était la cause du décès », notent les chercheurs.

Voler à 3000 m d’altitude ne permet pas d’être en sécurité

Les données révèlent que, durant 15 minutes avant 21h58, le malheureux pluvier argenté a accéléré son vol, sûrement pour échapper au prédateur. « L’événement de prédation observé constitue un enregistrement exceptionnel de la chasse à haute altitude par les faucons pèlerins », remarquent les chercheurs. Pour eux, en prenant en compte le délai de l’émission de la position de l’oiseau par le GPS, la prédation a eu lieu au moins à 2882 m d’altitude. Mais il est possible qu’elle se soit produite plus haut encore.

Existe-t-il une altitude à partir de laquelle les oiseaux migrateurs sont en sécurité ? Si cette nouvelle étude ne permet pas de répondre à cette question, elle révèle tout de même qu' »augmenter l’altitude de vol jusqu’à 3000 m au-dessus du sol n’est clairement pas suffisant pour permettre aux oiseaux migrateurs d’éviter les risques de prédation ». Au contraire, chasser à haute altitude dans les couloirs de migration quand des proies sont disponibles pourrait être une « stratégie rentable » pour les rapaces.

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