CE Qu’Il Faut Savoir
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a effectué une visite historique à Somaliland, marquant une étape significative dans les relations entre Israël et cette région autoproclamée. Sa visite a suscité des réactions négatives de la part de la Somalie et d’autres pays arabes et africains, qui considèrent cela comme une violation de la souveraineté somalienne.
Africa. Lors de sa première visite en tant que responsable israélien de haut niveau, le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar est arrivé à Somaliland, moins de deux semaines après que l’État israélien a reconnu la « république » autoproclamée en 1991, que la Somalie considère comme faisant partie de son territoire.
Le ministère de l’Information de Somaliland a déclaré que des membres éminents du cabinet de Somaliland ont accueilli Gideon Sa’ar et sa délégation à leur arrivée à l’aéroport de Hargeisa, la capitale de Somaliland. Le ministère a qualifié cette visite d’événement marquant dans les relations bilatérales.
Sa’ar a rencontré le président de Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, également connu sous le nom d’Eero, au palais présidentiel.
Sa’ar a déclaré sur X que le président de Somaliland avait accepté l’invitation du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à effectuer une visite officielle à Tel Aviv. Il a ajouté: “Cette visite est également un message que nous sommes déterminés à renforcer les relations entre Israël et Somaliland.”
La chaîne de télévision israélienne a rapporté que le président de Somaliland a également annoncé qu’il ouvrirait une ambassade à Tel Aviv, sans fournir plus de détails.
Dans le même temps, la chaîne 14 israélienne a rapporté que Somaliland pourrait permettre à Israël d’utiliser des zones spécifiques sur son territoire à des fins militaires, y compris la création d’installations de défense.
Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a déclaré la semaine dernière que Somaliland avait accepté trois conditions d’Israël: le rétablissement des Palestiniens sur le territoire de la région, la création d’une base militaire dans le golfe d’Aden, et l’adhésion aux accords d’Abraham pour normaliser les relations avec Israël.
Israël est le seul pays à avoir officiellement reconnu la séparation de Somaliland, située au nord-ouest de la Somalie, le long du golfe d’Aden, partageant des frontières terrestres avec l’Éthiopie et Djibouti.
Les analystes estiment que l’alliance avec Somaliland est très bénéfique pour Israël en raison de la position stratégique de cette région sur le détroit de Bab el-Mandeb, à proximité des Houthis au Yémen, qui ont mené des attaques répétées contre des cibles israéliennes depuis le début de la guerre israélienne à Gaza.

Réactions arabes et africaines
L’arrivée du ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Sa’ar à la capitale de la région Somaliland, Hargeisa, a suscité des objections arabes et africaines. Le ministère des Affaires étrangères somalien a déclaré dans un communiqué que la visite constituait “une grave violation de la souveraineté de la Somalie et de son unité et de l’intégrité de son territoire”, soulignant qu’il s’agissait d’une ingérence inacceptable dans les affaires internes d’un membre souverain des Nations Unies.
Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a appelé à “l’annulation immédiate” de la reconnaissance par Israël de Somaliland en tant qu’État indépendant. Le conseil a fermement condamné la reconnaissance unilatérale de ce qui est appelé “la République de Somaliland” par Israël, réaffirmant son engagement envers la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale de la République fédérale de Somalie, conformément à la charte constitutive de l’Union africaine, au protocole du Conseil de paix et de sécurité, et à la charte des Nations Unies.
Il a souligné qu’aucun acteur ne peut modifier la composition régionale d’un État membre de l’Union africaine, considérant qu’une telle déclaration est “nulle et non avenue” en vertu du droit international.
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a fermement condamné la visite du ministre israélien des Affaires étrangères à Hargeisa, la qualifiant de “tentative infructueuse de faire passer la reconnaissance israélienne de la séparation de la région du nord-ouest de la Somalie de l’État somalien”.
Le ministre des Affaires étrangères égyptien, Badr Abdel-Aty, a réaffirmé mardi le soutien total de l’Égypte à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Somalie, considérées comme des piliers essentiels de la stabilité de la région de la Corne de l’Afrique et de la mer Rouge, insistant lors de sa participation à une session du Conseil de paix et de sécurité africain sur le rejet par son pays de toute action unilatérale ou tentative d’imposer des entités parallèles ou de créer une nouvelle réalité politique en dehors des cadres juridiques internationalement reconnus.
Somaliland, qui a déclaré son indépendance en 1991, n’est pas reconnu par la communauté internationale, y compris la Somalie, qui considère cette région comme faisant partie de son territoire. Malgré cela, Somaliland a cherché à établir des relations diplomatiques avec divers pays, y compris Israël, qui a récemment reconnu son indépendance. Cette situation complexe est exacerbée par des enjeux géopolitiques dans la région, notamment la proximité de Somaliland avec des zones de conflit comme le Yémen.





