Africa-Press. Le président de la République du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, âgé de 82 ans, a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 15 mars prochain. Cette annonce a été faite lors de sa visite à Bambo Mingali, située à environ 60 kilomètres au nord de la capitale Brazzaville, où il a inauguré le premier grand salon agricole du pays.
Dans son discours d’ouverture, Sassou Nguesso a salué les efforts des agriculteurs et des jeunes engagés dans la production agricole, louant leur courage et leur engagement, et affirmant que ce mouvement était appelé à se développer.
« Je soutiendrai ce mouvement parce qu’il va grandir… et pour cela, je serai candidat », a-t-il déclaré, indiquant clairement sa décision de se présenter à l’élection avant la date limite de dépôt des candidatures fixée au 12 février.
Le Parti congolais du travail (PCT), au pouvoir, l’avait déjà désigné à l’unanimité comme son candidat le 30 décembre dernier, prolongeant ainsi un parcours politique de plus de quatre décennies. Sassou Nguesso est arrivé au pouvoir pour la première fois en 1979 sous un régime de parti unique, qu’il a dirigé jusqu’en 1992, avant de perdre lors des premières élections pluralistes. Il est revenu au pouvoir après la guerre civile de 1997, puis a remporté les élections de 2002 et 2009. En 2015, il a modifié la Constitution afin de supprimer la limitation à deux mandats présidentiels.
L’annonce de sa candidature a suscité une vague de critiques sur la scène politique. Destin Gavet, candidat de 36 ans du Mouvement républicain, a jugé inacceptable que Sassou Nguesso reste au pouvoir après 41 ans, déclarant: « Nous espérions que la raison l’emporterait… mais il a refusé de quitter le pouvoir avec dignité. Nous le ferons donc partir par la porte de derrière. »
Dans le même esprit, Clément Mierassa, président du Parti social-démocrate congolais et chef du Rassemblement des forces du changement, a contesté la légitimité de la candidature, affirmant que le président n’a pas déclaré son patrimoine et qu’il ne peut cumuler la présidence de l’État et celle du parti. « Le président ne respecte pas la loi… si la démocratie fonctionnait correctement, il ne serait même pas éligible », a-t-il ajouté.
Le pays devrait désormais connaître une campagne électorale tendue, dans un contexte de forte polarisation politique et de revendications renouvelées en faveur de réformes démocratiques plus profondes avant le scrutin.





