Exercices Français Ciblant le Projet Hydrogène Algérien

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Exercices Français Ciblant le Projet Hydrogène Algérien
Exercices Français Ciblant le Projet Hydrogène Algérien

Africa-Press. Dans le contexte des perturbations énergétiques mondiales, liées à la fermeture du détroit d’Ormuz en raison de la guerre entre Israël et les États-Unis contre l’Iran, qui a provoqué des fluctuations des prix des produits pétroliers et gaziers, le projet H2Med, un pipeline d’hydrogène prévu depuis plusieurs années pour relier la péninsule ibérique au reste de l’Europe, est de nouveau au cœur des discussions. Cependant, il a été confronté à un refus français, qui continue de s’appuyer sur l’énergie nucléaire plutôt que sur l’hydrogène vert.

Aujourd’hui, nous assistons à un tournant dramatique des événements, dont l’objectif ne se limite pas à surmonter les craintes en matière de sécurité énergétique, mais vise également à concurrencer le projet de pipeline massif “corridor sud de l’hydrogène”, reliant l’Algérie à l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche. Comme en politique, où il n’y a pas de fumée sans feu, il est légitime de s’interroger sur le moment choisi par Pierre-Étienne Frank, le directeur général de “H24”, qui fait pression sur le gouvernement français pour relancer le projet “H2Med” et mettre fin à son opposition. Le journal espagnol “El Confidencial” a révélé dans son édition du samedi 16 mai que le directeur général de “H24” est très optimiste quant à l’avenir de l’entreprise après avoir acquis 80 % des actions de la société espagnole “Inagas Renovables”.

Il affirme qu’il fait tout son possible pour faciliter un accord entre l’Espagne et la France.

Cette annonce coïncide avec des rapports sur un sommet entre les dirigeants algérien et espagnol dans les jours à venir, ainsi qu’avec une visite d’État du président Abdelmadjid Tebboune en Allemagne le 16 juillet prochain, où la question de la sécurité énergétique sera au centre des discussions entre l’Algérie et Madrid d’une part, et l’Algérie et Berlin d’autre part. Il est à noter que l’Algérie est considérée comme un partenaire fiable par ses homologues européens, malgré la nouvelle propagande coloniale et sioniste qui passe son temps à ternir l’image d’un pays qui n’a jamais utilisé l’énergie comme arme de pression sur ses partenaires.

Pierre-Étienne Frank a déclaré au journal “El Confidencial”: “Nous travaillons activement avec le gouvernement français, car l’importation d’hydrogène lui permettra d’éviter de consacrer entre 3 et 4 gigawatts d’énergie nucléaire à sa production, et facilitera l’intégration des énergies renouvelables dans le réseau électrique français.

L’importation sera plus rentable, et c’est une solution bénéfique pour l’Espagne, la France et l’Europe.” Pierre-Étienne Frank a affirmé que la création d’une infrastructure reliant l’Espagne à la France, à l’Allemagne et à l’Italie est le seul moyen de tirer pleinement parti du leadership de l’Espagne en matière d’émissions nulles.

Dans ce contexte, le corridor H2Med devient le point central de leur stratégie d’investissement. Leurs prévisions indiquent que les travaux de construction commenceront entre 2030 et 2032, car ils sont convaincus que les politiques espagnoles et françaises finiront par s’aligner après une relation énergétique historiquement instable. L’investissement de Pierre-Étienne Frank en Espagne, ainsi que dans Inagas Renovables (filiale de la société espagnole Inagas spécialisée dans l’hydrogène vert), est sans aucun doute le plus ambitieux dans ce secteur.

Le fonds a détenu, par le biais de son fonds d’infrastructure d’hydrogène propre, une participation de 30 % dans Inagas Renovables depuis 2022, et a annoncé le 21 avril une augmentation de sa participation à 80 % après avoir conclu un accord avec Inagas, Navantia et Pontegadia (Amancio Ortega).

De plus, la société espagnole a signé un accord en avril dernier pour acquérir une participation de 31,5 % dans la société Teréga française auprès du fonds souverain singapourien GIC pour 573 millions d’euros, selon ce qu’a annoncé l’Autorité nationale espagnole des marchés financiers (CNMV).

Teréga est le deuxième plus grand opérateur de réseau de transport et de stockage de gaz naturel en France, opérant dans le sud-ouest du pays. Son réseau s’étend sur environ 5100 kilomètres de pipelines de gaz et comprend deux installations de stockage souterrain, représentant environ 16 % du réseau de transport de gaz français.

Avec cette transaction, Inagas devient le deuxième plus grand actionnaire de Teréga, le deuxième plus grand opérateur de gaz en France, après Snam (40,5 %) et devant EDF (18 %) et Crédit Agricole (10 %).

Ainsi, Inagas ajoute une perspective industrielle et européenne qui complète celle de Snam. Le réseau de Teréga est connecté au réseau d’Inagas par deux liaisons internationales.

De plus, l’investissement de la société française renforce l’alliance dans des projets tels que H2Med et BarMar, le pipeline de gaz reliant l’Espagne à la France. Le directeur général de “H24” a également affirmé que “l’Espagne est le meilleur pays en Europe pour ce développement grâce à ses ressources et à sa sécurité juridique”.

Dans ce registre, il ne cache pas ses relations industrielles avec des géants de l’énergie espagnols tels que Movistar et Repsol. L’impact médiatique de la sortie du directeur général français de “H24” dans un des médias ibériques n’est pas innocent, car son objectif est de manœuvrer pour saper le projet de pipeline de gaz massif “South H2 Corridor”, reliant l’Algérie à l’Italie, à l’Autriche et à l’Allemagne.

L’Allemagne montre un intérêt croissant pour la mise en œuvre de ce projet, le considérant comme un moyen de faire face aux menaces pesant sur son secteur chimique industriel, qui dépend fortement de l’énergie et des chaînes d’approvisionnement en provenance du Qatar et d’autres pays du Golfe.

Ces pays ont été durement touchés par la fermeture du détroit d’Ormuz et les dommages causés à leurs installations pétrolières et gazières à la suite de la guerre au Moyen-Orient.

L’Allemagne, qui souffre de tensions dans ses relations avec son partenaire français, qui a des liens étroits avec l’Italie, se prépare à réduire sa dépendance à la doctrine nucléaire imposée par la France, et à se tourner plutôt vers l’hydrogène vert.

Dans ce cadre, les ministres de l’énergie d’Italie, d’Allemagne et d’Autriche ont signé en 2023 une lettre de soutien politique conjointe pour le développement du pipeline de gaz “South H2 Corridor”, un pipeline de 3300 kilomètres conçu pour transporter de l’hydrogène, et qui devrait devenir le principal moyen de transport de l’hydrogène en Europe. Le “South H2 Corridor” transportera le double de la quantité d’hydrogène que le pipeline “H2Med”.

Il devrait entrer en service avant 2030. Dans cette compétition, les opérateurs de réseaux de transport (TNOs) dans ces régions, à savoir la société italienne Snam, les sociétés autrichiennes TAG et GCA, et la société allemande Bayernets, ont établi une feuille de route concernant la mise en œuvre du projet de pipeline de gaz South H2 Corridor.

Ils ont exprimé leur soutien à l’accord politique concernant le développement du pipeline de gaz qui reliera l’Algérie à l’Italie, à l’Autriche et à l’Allemagne pour le transport de l’hydrogène.

Ils avaient prévu de le mettre en œuvre avant 2030. Sa capacité sera de quatre millions de tonnes d’hydrogène par an, soit l’équivalent de 133,2 térawattheures par an.

C’est le double de la capacité du pipeline d’hydrogène méditerranéen (H2Med) qui transportera l’hydrogène, estimée à environ deux millions de tonnes.

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