Africa-Press. Les Émirats arabes unis et la République démocratique du Congo ont signé un accord de partenariat économique global (CEPA) à Abou Dhabi, en présence des présidents Mohamed ben Zayed Al Nahyan et Félix Tshisekedi.
Cet accord établit un nouveau cadre juridique et commercial reliant l’une des économies du Golfe à la croissance la plus rapide à l’un des pays africains les plus riches en ressources naturelles, ouvrant la voie à une nouvelle phase d’intégration économique intercontinentale.
Aboutissement de négociations intensives
Selon des sources médiatiques, cet accord historique est le fruit de deux années de négociations complexes et approfondies. Le texte final comprend plus de 100 pages de dispositions détaillées couvrant l’ensemble des domaines de coopération économique.
Les clauses visent notamment à réduire les droits de douane, lever les obstacles bureaucratiques à l’investissement et sécuriser les chaînes d’approvisionnement dans des secteurs clés tels que les mines, l’agriculture et les énergies renouvelables.
Souveraineté des ressources et enjeu de l’or
L’accord revêt également une dimension politique majeure par son accent sur le secteur minier. Le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku, a indiqué que les contrats liés à l’or visent directement à renforcer la souveraineté économique du pays.
L’accord ambitionne par ailleurs de garantir l’exportation des ressources congolaises vers les marchés mondiaux via les Émirats, limitant ainsi l’exploitation des richesses de l’est du pays par des acteurs régionaux en conflit et transformant une confrontation armée en un enjeu de stabilité économique et de développement.
Chiffres clés et intégration des marchés
La coopération s’appuie sur des indicateurs économiques solides enregistrés en 2025, avec une hausse des échanges commerciaux non pétroliers atteignant 2,9 milliards de dollars, soit une croissance de 16,1 %.
Les Émirats tirent parti du produit intérieur brut congolais estimé à 70,75 milliards de dollars et du statut mondial de la RDC en tant que premier producteur de cobalt, élément clé dans la fabrication des batteries de véhicules électriques et la transition énergétique mondiale.
Ancrage de l’influence émiratie en Afrique
Des analystes estiment que cet accord dépasse le cadre bilatéral et s’inscrit dans une stratégie plus large d’expansion de l’influence émiratie en Afrique. Ils y voient une mise en œuvre concrète des perspectives de l’« accord de partenariat stratégique » signé entre Abou Dhabi et Washington en septembre 2024, ouvrant la voie à un rôle accru des Émirats comme acteur régional et international capable de relier investissements occidentaux et ressources africaines.
Grâce à ce partenariat, les Émirats consolident leur position de porte d’entrée majeure du commerce avec l’Afrique centrale et orientale, s’appuyant sur le soutien stratégique et logistique de leurs grandes alliances internationales.





