Africa-Press. Le centre africain de lutte contre les maladies et de prévention, rattaché à l’Union africaine, a averti que dix pays africains sont désormais exposés au risque d’épidémie de virus Ebola, en plus de la République démocratique du Congo, épicentre de l’épidémie actuelle, et de l’Ouganda, qui a également enregistré de nouveaux cas de virus.
Le président du centre, Jean Cassia, a expliqué lors d’une conférence de presse dans la capitale ougandaise Kampala que les pays menacés par la propagation de l’épidémie sont: le Soudan du Sud, le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l’Éthiopie, la République du Congo, le Burundi, l’Angola, la République centrafricaine et la Zambie, en précisant que la plupart d’entre eux voisinent la République démocratique du Congo ou l’Ouganda.
En République démocratique du Congo, le nombre de cas suspects d’infection par le virus Ebola a atteint 867, tandis que le nombre de décès s’élève à 204, selon le dernier bilan annoncé par le ministère de la Santé congolais samedi soir.
L’Organisation mondiale de la santé a élevé, vendredi 22 mai, le niveau d’alerte sanitaire dans le pays à “très élevé”, tandis que des pays voisins, dont le Rwanda et l’Ouganda, ont imposé des restrictions de voyage vers et depuis le territoire congolais. Il s’agit de la dix-septième épidémie de virus Ebola dans le pays et de la deuxième plus grande épidémie connue au monde en termes de nombre de cas, après l’épidémie de l’Afrique de l’Ouest.
Jean Cassia a déclaré que l’ampleur de la propagation était importante depuis l’annonce initiale de l’épidémie, soulignant que “la réponse urgente et coordonnée est devenue une nécessité pressante”. En Ouganda, le ministère de la Santé a annoncé samedi l’enregistrement de trois nouveaux cas confirmés, portant le total à cinq.
Les autorités sanitaires ont précisé que parmi les infectés se trouve un chauffeur ougandais qui a transmis le premier cas confirmé dans le pays, ainsi qu’un agent de santé qui a été infecté en soignant le premier patient, tandis que le troisième cas concerne une femme congolaise arrivée en Ouganda par vol.
Les ministères de la Santé de l’Ouganda, de la République démocratique du Congo et du Soudan du Sud ont également adopté une feuille de route conjointe pour renforcer les systèmes de surveillance et d’alerte précoce transfrontaliers, renforcer le contrôle aux points d’entrée et suivre les mouvements des voyageurs, en plus de coordonner les efforts de gestion de crise au niveau régional.
Le centre africain de lutte contre les maladies et de prévention a indiqué que la réponse actuelle nécessite un financement de 319 millions de dollars, en particulier pour soutenir les efforts de confinement en République démocratique du Congo, en Ouganda et dans les pays à risque, confirmant avoir reçu des engagements de financement s’élevant jusqu’à présent à 230 millions de dollars.
Le virus Ebola est connu pour provoquer une fièvre hémorragique mortelle et a coûté la vie à plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des cinq dernières décennies. Bien que le virus soit moins contagieux que le COVID-19 ou la rougeole, l’absence de vaccin ou de traitement approuvé pour la souche “Bundibugyo” responsable de l’épidémie actuelle complique la maîtrise de l’épidémie, rendant les mesures de prévention et le dépistage précoce des cas essentiels pour faire face à sa propagation.





