ÉThiopie: 46 Circonscriptions Exclues (Amhara, Tigré)

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ÉThiopie: 46 Circonscriptions Exclues (Amhara, Tigré)
ÉThiopie: 46 Circonscriptions Exclues (Amhara, Tigré)

Africa-Press. Le Conseil national des élections en Éthiopie a annoncé l’exclusion de 46 circonscriptions électorales des élections générales prévues pour le 1er juin prochain, une décision qui reflète l’ampleur des défis sécuritaires et politiques auxquels le pays est confronté avant ce scrutin.

Cette décision concerne toutes les circonscriptions de la région du Tigré, ainsi que huit circonscriptions dans la région d’Amhara, qui connaît depuis plusieurs mois des affrontements entre les forces gouvernementales et les combattants de “Fano”.

Les élections générales en Éthiopie se tiennent tous les cinq ans pour élire les membres de la Chambre des représentants du peuple et du Conseil fédéral, où la victoire du parti obtenant la majorité des sièges parlementaires conduit à la formation du prochain gouvernement fédéral.

Lors d’une conférence de presse, la présidente du Conseil national des élections a déclaré que le vote ne se tiendrait pas dans 46 circonscriptions réparties entre les régions d’Amhara et du Tigré.

Elle a précisé que la décision inclut toutes les 38 circonscriptions de la région du Tigré, ainsi que huit circonscriptions dans la région d’Amhara situées dans les zones de Gondar sud et ouest, Ambasel et Diga Damot.

Elle a ajouté que les élections dans ces zones seraient reportées à une date ultérieure, sans préciser de calendrier clair pour leur tenue.

L’exclusion de toutes les circonscriptions du Tigré est l’un des principaux indicateurs de la persistance des conséquences de la guerre qui a frappé la région entre le gouvernement fédéral et le Front de libération du peuple du Tigré, malgré l’accord de paix signé à Pretoria fin 2022.

Cette décision reflète également l’ampleur des tensions sécuritaires croissantes dans la région d’Amhara, qui est devenue l’une des zones les plus troublées du pays au cours des deux dernières années.

De vastes zones de la région d’Amhara sont le théâtre d’affrontements continus entre l’armée éthiopienne et les combattants de “Fano”, des groupes armés locaux qui ont émergé pendant la guerre au Tigré avant d’entrer par la suite en conflit avec le gouvernement fédéral.

Au cours des derniers mois, l’ampleur des combats dans la région s’est élargie, avec des rapports faisant état de morts et de vagues de déplacements massifs, ainsi que de l’utilisation de drones et de bombardements d’artillerie dans certaines zones.

Les autorités éthiopiennes affirment que “Fano” menace la stabilité et la sécurité publique, tandis que “Fano” accuse le gouvernement de tenter de saper l’influence d’Amhara et d’affaiblir les forces locales dans la région.

En revanche, la situation semble plus complexe dans la région du Tigré, qui a été complètement exclue du processus électoral actuel.

Malgré la signature de l’accord de paix entre le gouvernement éthiopien et le Front de libération du peuple du Tigré, les tensions politiques et sécuritaires persistent au sein de la région, avec des désaccords concernant la mise en œuvre des clauses de l’accord et la reconstruction des institutions locales.

Le Tigré souffre également des conséquences de la guerre qui a duré deux ans, entraînant des destructions massives des infrastructures et une crise humanitaire aiguë, ainsi que des désaccords politiques persistants entre les forces locales.

Plus tôt ce mois-ci, la région a connu une nouvelle escalade après l’annonce par le Front de libération du peuple du Tigré de la réactivation des institutions de gouvernance qui existaient avant la guerre, notamment le conseil régional, et de l’élection de Debretsion Gebremichael en tant que président du gouvernement.

Le Conseil national des élections a révélé que six partis politiques ne participeront pas aux septièmes élections nationales, alors que 48 partis d’opposition ont été enregistrés pour concourir.

Parmi les partis exclus dans le Tigré figurent: “Simrit” (la solidarité démocratique du Tigré), présidé par Getachew Reda, ancien président de l’administration intérimaire du Tigré, ainsi que le parti “Kanchi Haki” et “Tinsae Inderta”.

En plus du Parti social-démocrate éthiopien, du Parti fédéral de Sidama et du Mouvement de libération du peuple de Gambela. Le Conseil a également annoncé l’exclusion de 80 candidats pour ne pas avoir satisfait aux conditions requises.

Le Parti social-démocrate éthiopien avait enregistré et approuvé 309 candidats, mais a ensuite été exclu de la course électorale par décision judiciaire.

La campagne électorale actuelle se déroule dans des conditions de sécurité complexes dans plusieurs régions du pays, où l’Éthiopie fait face à des crises imbriquées, notamment des conflits armés, des tensions ethniques et des pressions économiques.

Dans ce contexte, certains partis d’opposition affirment que les conditions actuelles ne permettent pas de mener des élections “libres, sûres et pacifiques”, soulignant la difficulté de se déplacer et d’organiser des rassemblements politiques dans les zones touchées par les conflits.

Les candidats et les militants politiques font également face à d’importants défis en matière de sécurité et d’accès aux électeurs, en particulier dans les régions où des affrontements armés ou des troubles politiques se produisent.

Ce nouveau scrutin électoral se déroule alors que le Parti de la prospérité, dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed, continue de dominer, ayant été au pouvoir depuis 2018.

Le parti détient une écrasante majorité au sein de la Chambre des représentants, contrôlant plus de 80 % des sièges parlementaires, ce qui lui confère une large influence dans les institutions de l’État.

Les forces d’opposition accusent également le parti au pouvoir de dominer les médias officiels et de les utiliser pour soutenir la campagne du gouvernement et du Premier ministre, tandis que le gouvernement affirme que les élections font partie du processus démocratique du pays et que les autorités sont déterminées à organiser un vote reflétant la volonté des électeurs malgré les défis sécuritaires persistants.

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