Africa-Press. L’attaque survient alors que grandissent les craintes d’un retour aux combats après des affrontements entre troupes gouvernementales et forces tigréennes.
Une personne a été tuée et une autre blessée lors de frappes de drones dans la région septentrionale du Tigré, en Éthiopie, ont indiqué un haut responsable tigréen et un travailleur humanitaire, nouveau signe de tensions renouvelées entre forces régionales et forces fédérales.
Le responsable tigréen a déclaré samedi que les frappes avaient visé deux camions Isuzu près d’Enticho et de Gendebta, deux localités du Tigré distantes d’environ 20 km (12 miles).
Il a affirmé que les Forces de défense nationale éthiopiennes avaient mené les frappes, sans apporter de preuves.
Un travailleur humanitaire local a confirmé que les frappes avaient bien eu lieu. Tous deux ont demandé à rester anonymes, a rapporté l’agence Reuters.
On ne savait pas dans l’immédiat ce que transportaient les camions.
Le média Dimtsi Weyane, proche du Front de libération du peuple du Tigré, a publié sur Facebook des photos qu’il a présentées comme montrant les camions endommagés par les frappes. Selon lui, ils transportaient de la nourriture et du matériel de cuisine.
Des militants pro-gouvernementaux ont, eux, affirmé sur les réseaux sociaux que les camions transportaient des armes.
L’armée nationale éthiopienne a combattu pendant deux ans les combattants du Front de libération du peuple du Tigré jusqu’à la fin de 2022, dans une guerre qui, selon des chercheurs, a fait des centaines de milliers de morts du fait de la violence directe, de l’effondrement du système de santé et de la famine.
Des combats ont éclaté plus tôt cette semaine entre forces régionales et forces nationales à Tsemlet, dans le territoire disputé du Tigré occidental, une zone revendiquée par des forces de la région voisine d’Amhara.
Les tensions se sont accrues autour de la présence de troupes amhara et de l’Érythrée voisine au Tigré, en violation de l’accord de paix de novembre 2022 qui a mis fin à la guerre.
L’an dernier, le chef de l’administration intérimaire du Tigré mise en place par Addis-Abeba a été contraint de fuir Mekele, capitale régionale, sur fond de divisions croissantes au sein du Front de libération du peuple du Tigré, qui avait autrefois contrôlé l’ensemble de l’Éthiopie avant d’être écarté par le Premier ministre Abiy Ahmed.
Addis-Abeba accuse le groupe d’avoir noué des liens avec l’Érythrée et de « se préparer activement à faire la guerre à l’Éthiopie ».
Plus tôt cette semaine, la compagnie nationale Ethiopian Airlines a annulé ses vols vers le Tigré, où des habitants se sont précipités pour tenter de retirer de l’argent liquide dans les banques.
La guerre du Tigré s’est achevée en 2022, mais des désaccords persistent sur plusieurs dossiers, notamment les territoires contestés du Tigré occidental et le désarmement retardé des forces tigréennes.
La province subit aussi les effets des coupes de financement décidées l’an dernier par le président américain Donald Trump à l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), qui fut autrefois la principale source d’aide humanitaire pour l’Éthiopie.
Des organisations humanitaires affirment que jusqu’à 80 % de la population a besoin d’une aide d’urgence et que le manque de financements met le système de santé sous forte pression.
Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé vendredi toutes les parties à « faire preuve de la plus grande retenue » et à « résoudre toutes les questions en suspens par un dialogue constructif ».
Il a souligné l’importance de préserver les « acquis durement obtenus » dans le cadre de l’Accord de cessation permanente des hostilités, signé à Pretoria en 2022.





