Africa-Press. Le gouvernement ghanéen a annoncé un programme de soutien spécial pour ses citoyens qui ont été évacués d’Afrique du Sud, suite à une montée des violences et des discours de haine contre les migrants africains ces dernières semaines, affirmant qu’il fournira aux rapatriés une assistance complète dès leur arrivée dans le pays.
Le ministère des Affaires étrangères ghanéen a révélé que les citoyens ghanéens qui retourneront dans le pays bénéficieront d’un programme de soutien intégré conçu spécifiquement pour les aider à retrouver leur stabilité et à se réintégrer dans la société, après avoir subi ce que le gouvernement a qualifié d'”attaques racistes contre les étrangers” en Afrique du Sud.
Le ministre des Affaires étrangères ghanéen, Samuel Okudzeto Ablakwa, a déclaré dans un message sur les réseaux sociaux que le gouvernement avait mis en place “un programme de soutien spécial pour les Ghanéens arrivant ce jeudi après leur évacuation en raison des attaques racistes contre les étrangers en Afrique du Sud”, soulignant que la mission diplomatique ghanéenne à Pretoria travaille en coordination avec les autorités sud-africaines pour organiser le processus d’évacuation et assurer un retour en toute sécurité des citoyens.
Selon le gouvernement ghanéen, le programme comprend cinq éléments principaux visant à faciliter la réinstallation des rapatriés et à alléger les charges résultant de leur retour soudain. Le plan inclut l’octroi d’une “allocation de bienvenue” versée une seule fois pour aider les rapatriés à répondre à leurs besoins essentiels et à se stabiliser dans leurs régions d’origine.
L’initiative comprend également des services de transport complets pour garantir que les citoyens rentrent chez eux et retrouvent leurs familles dans tout le pays, ainsi qu’une allocation de réintégration destinée à couvrir les coûts de la vie de base pendant la période initiale suivant leur retour.
Le programme ne se limite pas aux aspects financiers et logistiques, mais inclut également des services de soutien psychologique et social pour les rapatriés, dans le but de traiter les effets psychologiques des violences et de la discrimination qu’ils ont subies en Afrique du Sud ces derniers temps.
Les autorités ghanéennes ont confirmé que ces services comprennent des séances de conseil spécialisées et des programmes de soutien psychologique, visant à aider les victimes à surmonter les traumatismes causés par les agressions et l’atmosphère d’hostilité envers les étrangers.
Le gouvernement a également indiqué que la dernière phase du programme de soutien comprendra l’enregistrement des rapatriés dans une base de données spéciale, permettant de suivre leur situation et de leur fournir l’aide nécessaire à l’avenir.
Ghana avait précédemment annoncé, début mai, des plans pour évacuer environ 300 citoyens d’Afrique du Sud, après une montée des manifestations et des violences ciblant les migrants étrangers, en particulier ceux venant de pays africains.
Le ministre des Affaires étrangères ghanéen avait alors affirmé que le président Nana Akufo-Addo avait donné des instructions pour une “évacuation immédiate” des citoyens touchés, face à la détérioration de la situation sécuritaire et à la montée des discours hostiles envers les migrants.
L’Afrique du Sud a connu ces dernières semaines une vague croissante de violences liées à la haine des étrangers, ciblant des migrants africains et des entreprises appartenant à des étrangers, suscitant une large inquiétude parmi plusieurs gouvernements africains, dont le Ghana et le Nigeria, qui ont émis des avertissements officiels à leurs citoyens et ont appelé à prendre des mesures pour les protéger.
Ghana a appelé l’Union africaine à inscrire la question de la violence contre les migrants en Afrique du Sud à l’ordre du jour de la prochaine réunion de l’Union prévue en juin, demandant une action collective africaine pour faire face à la montée des discours de haine et de violence contre les étrangers sur le continent.





