Africa-Press. Le président sénégalais, Basse Abdoulaye Dioumaï Fay, a limogé le Premier ministre Ousmane Sonko et a pris la décision de dissoudre le gouvernement, une mesure qui soulève de nombreuses questions sur l’avenir politique du pays et ses conséquences.
Cette décision reflète également l’escalade des tensions politiques entre les anciens alliés qui ont conduit le changement politique dans le pays lors des élections de 2024. Elle intervient après des mois de tensions croissantes entre ces deux partenaires devenus adversaires.
Le limogeage s’inscrit dans un contexte politique qui suscite de vives réactions au sein de la majorité au pouvoir et parmi les partisans du parti Pastef.
Un communiqué diffusé par une source locale, au nom du secrétaire général de la présidence, Omar Samba, a annoncé tard vendredi soir que le président Basse Abdoulaye Dioumaï Fay avait limogé le Premier ministre Sonko.
Conformément au décret présidentiel, cette décision entraîne également la cessation des fonctions de tous les ministres et secrétaires d’État membres du gouvernement.
Cependant, le texte précise que les membres du gouvernement sortant continueront à gérer les affaires courantes jusqu’à la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale.
Cette mesure ouvre une nouvelle phase institutionnelle et politique au Sénégal. Sonko occupait le poste de Premier ministre depuis avril 2024, dans le cadre de la formation du gouvernement issu de l’élection du président Basse Abdoulaye Dioumaï Fay.
Les autorités n’ont pas encore annoncé la composition du prochain gouvernement ni la date de sa formation.
Quelques heures après l’annonce officielle, Sonko a exprimé son soulagement après son limogeage par le président Basse Abdoulaye Dioumaï Fay, affirmant qu’il se sentirait à l’aise cette nuit-là, une réaction qui a suscité des interrogations sur la nature des dynamiques politiques actuelles et les tensions au sein du paysage sénégalais.
Peu après l’annonce de son limogeage par le président, Ousmane Sonko a commenté dans une déclaration succincte: “Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui.”
La députée Awa Sy a défendu le projet politique de Sonko après son limogeage, considérant que la légitimité du pouvoir législatif ne peut être ignorée, mettant en garde l’exécutif contre les conséquences de toute éventuelle décision de dissoudre l’Assemblée nationale.
Awa Sy appartient au parti Pastef (Patriotes africains pour le travail, l’éthique et la fraternité), dirigé par le Premier ministre limogé Ousmane Sonko.
Dans une publication, la parlementaire a souligné que l’exécutif ne peut ignorer la légitimité du pouvoir législatif, affirmant que le départ d’Ousmane Sonko du gouvernement n’annule pas “la volonté populaire que représente l’Assemblée nationale”.
Elle a également affirmé que l’Assemblée nationale reste attachée au projet politique défendu par l’ancien Premier ministre, qui, selon elle, bénéficie du soutien d’une large frange de la population sénégalaise.
Dans son message, la députée a également évoqué l’hypothèse de la dissolution de l’Assemblée nationale, déclarant que si l’exécutif estime détenir tous les pouvoirs, il devrait “préparer un décret pour dissoudre l’Assemblée nationale également”.
Elle a conclu sa déclaration en affirmant qu'”en démocratie, aucune autorité ne surpasse les institutions ou la souveraineté populaire”.
Pour sa part, le gouverneur DIOUF Bougane, directeur général du port autonome de Dakar et membre du parti Pastef, a exprimé son soutien total à Ousmane Sonko après son limogeage.
Cela a été annoncé dans une publication sur les réseaux sociaux, où il a affirmé son soutien à l’ancien Premier ministre, considérant que “une nouvelle phase vient de commencer”.
Le gouverneur DIOUF Bougane a affirmé que son camp politique continuera de soutenir Sonko en vue des élections présidentielles prévues en 2029, ajoutant: “Avec dignité, nous irons avec Sonko au palais présidentiel en 2029”.
Après le limogeage de Sonko, l’ancien maire de Dakar, Barthélémy Diaz, a appelé à maintenir l’unité nécessaire du Sénégal dans le contexte politique actuel.
Dans une déclaration, il a exhorté les acteurs politiques et les citoyens à se concentrer sur les priorités nationales, appelant à “aller vers les fondamentaux”, et soulignant la nécessité de préserver la stabilité et l’unité.
Barthélémy Diaz a également exprimé son espoir de voir un Sénégal fondé sur la justice, la vérité et la prospérité, au sein d’une Afrique qu’il espère être “une Afrique de paix et d’unité”.
La maison d’Ousmane Sonko à Keur Gorgui a vu, vendredi soir, un rassemblement massif de ses partisans suite à sa décision de limogeage.
Des centaines de sympathisants se sont rassemblés devant la résidence du leader du parti Pastef pour exprimer leur soutien à l’ancien Premier ministre, le rassemblement se formant progressivement autour de la maison dans une ambiance dense et marquante.





