Les Nouvelles Lois Numériques Inquiètent les Médias en Zambie

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Les Nouvelles Lois Numériques Inquiètent les Médias en Zambie
Les Nouvelles Lois Numériques Inquiètent les Médias en Zambie

Africa-Press. Les nouvelles lois sur la cybersécurité et la lutte contre la cybercriminalité en Zambie suscitent de vives inquiétudes au sein des milieux médiatiques et des droits de l’homme, à moins de trois mois des élections présidentielles prévues le 13 août 2026.

Le parlement zambien a adopté ces lois en avril dernier, avant qu’elles ne soient immédiatement ratifiées par le président Hakainde Hichilema, avec des assurances gouvernementales selon lesquelles leur objectif est de lutter contre la fraude électronique, les abus en ligne, les faux comptes et le harcèlement numérique.

Cependant, de nombreux médias indépendants et organisations de défense de la liberté d’expression estiment que certaines dispositions de ces lois sont floues et pourraient être utilisées pour restreindre les voix critiques et encourager l’autocensure, surtout à l’approche de l’échéance électorale.

Ce changement législatif a suscité l’inquiétude de plusieurs journalistes, dont Joseph Mwenda, rédacteur en chef du journal indépendant “News Diggers”, qui a déclaré que les autorités avaient réimposé des restrictions sur les médias de manière différente, après que le président Hichilema avait précédemment abrogé le délit de diffamation à l’égard du président, utilisé pendant des années pour faire taire les opposants.

Mwenda a déclaré que la nouvelle loi sur la cybersécurité confère à la police et aux agences d’application de la loi des pouvoirs étendus pour effectuer des perquisitions et des intrusions dans les domiciles dès qu’il y a suspicion de possession d’informations liées à la sécurité nationale, ajoutant que certaines critiques pourraient être interprétées comme des “cybercrimes”.

De son côté, Austin Kayanza, directeur de l’Institut des médias en Afrique du Sud en Zambie, a exprimé son inquiétude quant aux formulations vagues dans la loi, soulignant qu’il existe une disposition prévoyant une peine pouvant aller jusqu’à 25 ans de prison pour quiconque possède “trop d’informations”, sans fournir de définition claire de ce terme, ce qui, selon lui, ouvre la porte à la cible de toute personne.

Charles Maafa, fondateur du Centre “Makandi” de journalisme d’investigation indépendant, a également confirmé que les journalistes sont devenus plus prudents dans le choix des sujets qu’ils couvrent, en particulier les questions politiques et électorales, de peur de poursuites judiciaires.

Il a ajouté que la peur ne se limite plus aux journalistes, mais s’est étendue aux citoyens ordinaires, qui hésitent à exprimer leurs opinions politiques en ligne de peur de subir des poursuites ou d’être emprisonnés.

En revanche, le gouvernement zambien insiste sur le fait que ces lois sont nécessaires pour protéger l’espace numérique et renforcer la cybersécurité, bien que des médias indépendants estiment qu’elles pourraient être utilisées directement contre le journalisme en ligne, qui représente une part essentielle du paysage médiatique du pays.

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