Africa-Press. Le rapport 2025 de l’Indice de perception de la corruption (IPC), publié par Transparency International, montre la poursuite de la dégradation de l’intégrité et de la gouvernance sur le continent africain, où certains pays affichent parmi les niveaux de corruption les plus élevés au monde.
L’indice s’appuie sur les évaluations d’experts et de chefs d’entreprise concernant leur perception de la corruption et des mesures prises pour la combattre. Il dresse un tableau sombre de l’Afrique subsaharienne, classée dernière au niveau mondial avec une moyenne de 32 points sur 100, alors que seuls quatre pays ont dépassé le seuil de 50 points.
La Somalie et le Soudan du Sud se retrouvent au bas du classement, après avoir échoué à mettre en œuvre des réformes de gestion des finances publiques malgré les années écoulées depuis la signature de l’accord de paix de 2018.
Le rapport souligne que des responsables des deux pays recourent à des méthodes de plus en plus sophistiquées et complexes pour détourner les ressources publiques, contribuant à aggraver la crise institutionnelle.
L’indice met également en évidence une tendance préoccupante: la dégradation du classement de dix pays au cours de la dernière décennie. Parmi les exemples les plus marquants figure le Mozambique, qui a perdu dix points, dans un contexte où plus de 330 affaires de corruption ont été enregistrées au seul premier trimestre de l’année dernière, pour une valeur totale estimée à environ 4 millions de dollars, ce qui reflète l’extension du phénomène et la faiblesse des mécanismes de reddition de comptes.
À l’inverse, seuls sept pays ont amélioré leur score, dont l’Angola, qui a progressé de 17 points grâce à l’adoption de nouvelles mesures anticorruption, tout en restant toutefois dans les rangs inférieurs de l’indice.
Le rapport indique que de nombreux Angolais hésitent encore à dénoncer des faits de corruption par crainte de représailles, et réclament des mesures plus strictes ainsi que des résultats concrets.
Malgré ce constat sombre, le rapport met en avant des exemples positifs sur le continent: les Seychelles arrivent en tête en Afrique, suivies du Cap-Vert, du Botswana et du Rwanda. Transparency International salue les expériences de ces pays, qui ont mis en place des institutions de contrôle solides, des parquets spécialisés et des ressources suffisantes pour renforcer la lutte contre les crimes financiers.
L’organisation appelle, dans son rapport, l’Union africaine et ses États membres à s’engager sérieusement à appliquer la Convention sur la prévention et la lutte contre la corruption, signée depuis plus de vingt ans, avertissant que la lenteur de sa mise en œuvre aggrave la situation et renforce les réseaux de corruption transnationaux.
Les inquiétudes ne se limitent pas à l’Afrique: Transparency International fait également part d’une forte préoccupation face à une tendance mondiale au recul de l’intégrité, y compris au sein des systèmes démocratiques, évoquant une baisse notable aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et en France, signe d’une crise de confiance plus large envers les institutions et les mécanismes de contrôle.





