Comment le Sénégal Est Devenu un Géant du Football Africain

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Comment le Sénégal Est Devenu un Géant du Football Africain
Comment le Sénégal Est Devenu un Géant du Football Africain

CE Qu’Il Faut Savoir

Le Sénégal a connu une ascension remarquable dans le football africain, passant d’échecs notables à des succès retentissants. Grâce à une planification stratégique et à des investissements dans la formation, le pays a remporté plusieurs titres, dont la Coupe d’Afrique des Nations, et a établi un modèle de développement durable dans le sport.

Africa-Press. Le parcours du football sénégalais vers le sommet du continent africain n’est pas le fruit d’une heureuse coïncidence ou d’une génération exceptionnelle, mais plutôt le résultat d’un long chemin parsemé d’échecs, de révisions sévères, puis d’une planification calme et d’investissements dans l’humain avant les résultats.

De la déception qui a suivi l’épopée de la Coupe du Monde 2002 à la domination des compétitions africaines au cours de la dernière décennie, le Sénégal a écrit l’une des histoires de transformation footballistique les plus complètes du continent noir. Aujourd’hui, il ajoute le titre de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 à son palmarès, après avoir remporté celle de 2021, confirmant que le parcours n’est pas encore terminé et que les chapitres du succès restent ouverts.

2002: La gloire qui a précédé la chute

Le 16 juin 2002, l’équipe nationale du Sénégal est entrée dans l’histoire par la grande porte. Lors de sa première participation à la Coupe du Monde, elle a éliminé le champion en titre, la France, a fait match nul avec le Danemark et l’Uruguay, puis a éliminé la Suède grâce à un but en or de Henri Camara, atteignant les quarts de finale et devenant la deuxième équipe africaine à réaliser cet exploit après le Cameroun.

Cependant, derrière cette gloire, le système était fragile. Le Sénégal avait perdu auparavant la finale de la Coupe d’Afrique des Nations contre le Cameroun et n’avait pas su tirer parti de sa génération dorée sur le plan administratif et technique.

Il s’est contenté de la quatrième place lors de la CAN 2006, puis a manqué la Coupe du Monde et la CAN 2010, traversant l’une des périodes les plus frustrantes de son histoire footballistique.

2009: Le moment de la rupture et le début de la construction

L’année 2009 a marqué un véritable tournant. Après la dissolution de la fédération sénégalaise de football, Augustin Senghor a été élu nouveau président, dirigeant un processus de restructuration complet qui a inclus:

L’organisation des championnats locaux, l’élaboration d’une stratégie à long terme pour toutes les sélections, l’investissement dans la formation de base, la confiance dans les entraîneurs et les compétences locales, et la séparation du travail technique des pressions politiques et des résultats immédiats en arrière-plan.

Les académies privées avaient commencé leur travail depuis des années, avec à leur tête Génération Foot (2001) et Diambars (2003), posant les bases d’une véritable révolution de la formation qui allait changer le visage du football sénégalais.

La stabilité, l’arme secrète

Alors que la plupart des sélections africaines souffrent de changements administratifs et techniques constants, le Sénégal a choisi un chemin rare: la stabilité. Augustin Senghor est président de la fédération depuis 2009, et Aliou Cissé entraîne l’équipe nationale.

Depuis 2015, des entraîneurs locaux sont présents dans toutes les catégories d’âge. Cette stabilité a permis de construire une équipe avec une identité claire, et un noyau solide de leaders comme Idrissa Gueye, Sadio Mané et Kalidou Koulibaly, avec un renouvellement progressif sans chocs.

“La Coupe d’Afrique des Nations a brisé le plafond”, décrit Demba Ba, le titre de la Coupe d’Afrique des Nations 2021 (jouée en 2022) comme un moment de libération mentale: “Cette coupe a brisé le blocage psychologique. Le Sénégal sait maintenant comment gagner”. Après avoir perdu la finale de 2019 contre l’Algérie, l’équipe semblait plus mûre.

Au Cameroun, elle a surmonté tous les obstacles et a été couronnée du premier titre continental de son histoire aux dépens de l’Égypte, fermant ainsi le chapitre de l’attente qui s’était étendu sur un demi-siècle.

Mais la véritable surprise est venue plus tard. L’invasion du continent: des titres sans exception en seulement 12 mois, le Sénégal est devenu le premier pays africain à remporter les trois grands titres de la CAF:

La Coupe d’Afrique des Nations (équipe première) 2021 et 2025, le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) (2023), et la Coupe d’Afrique des Nations de football de plage.

Ajouté à cela: la Coupe d’Afrique des moins de 20 ans, la Coupe d’Afrique des moins de 17 ans, une forte présence de l’équipe féminine, une qualification permanente pour les Coupes du Monde dans les catégories d’âge.

Neuf clubs sur quatorze dans la ligue locale ont représenté l’équipe du CHAN, un signe évident de la profondeur de la base et non d’une simple pointe brillante.

La formation

Le véritable moteur des titres, malgré des ressources financières limitées par rapport aux pays d’Afrique du Nord, le Sénégal a mis l’accent sur l’investissement dans l’humain:

Des centaines d’entraîneurs avec des licences CAF (A-B-C-D). Des centres de formation nationaux ont été ouverts depuis 2013 et 2019, et des académies produisent des joueurs pour les plus grands championnats. Il suffit de savoir que le Sénégal est la deuxième nationalité étrangère la plus représentée dans la ligue française après le Brésil, et avant l’Argentine, malgré sa population limitée.

La paradoxe du succès

La ligue locale est le maillon faible malgré la domination continentale, la ligue sénégalaise reste semi-professionnelle: des salaires faibles avec des infrastructures modestes ont accéléré l’émigration rapide des talents, et avec chaque titre, l’appétit des clubs européens et nord-africains augmente, ce qui vide le championnat local de ses stars avant qu’il ne puisse en récolter les fruits.

Seules les académies, comme Génération Foot avec son partenariat avec Metz, ont pu bénéficier économiquement de ce succès.

Le soutien de l’État

Entre les promesses et l’attente après le titre du CHAN en Algérie, le président Macky Sall a annoncé un programme national de soutien au football, offrant des primes et des terrains aux joueurs, et appelant les secteurs public et privé à investir dans les clubs.

Mais le véritable défi reste de transformer les réalisations en une structure durable: des stades modernes, un financement régulier, et la réduction de l’hémorragie des talents.

Le Sénégal n’est plus une équipe – mais un système.

Ce que vit le Sénégal aujourd’hui n’est pas une poussée, mais le résultat de 15 ans de planification et de patience: une vision claire, un investissement dans la formation, une confiance dans l’expertise locale, une stabilité administrative rare, et une culture de la victoire qui s’est progressivement ancrée. Aujourd’hui, le Sénégal ne se contente pas de rivaliser pour les titres, mais impose un modèle sur le continent.

Et le plus grand défi reste de préserver cette construction de l’exode des talents… avant d’atteindre son plein potentiel.

Le football sénégalais a connu des hauts et des bas au fil des ans, avec un moment marquant en 2002 lorsqu’il a atteint les quarts de finale de la Coupe du Monde. Cependant, après des échecs successifs, le pays a entrepris une restructuration en 2009, visant à stabiliser et à professionnaliser le sport. Cela a conduit à une période de succès sans précédent, avec des titres continentaux et une reconnaissance mondiale.

Depuis 2009, le Sénégal a mis en place des académies de football et a investi dans la formation des jeunes joueurs. Ce processus a permis de créer une équipe nationale compétitive, capable de rivaliser avec les meilleures équipes du continent.

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