Fiscalité: les Pays Francophones en Conclave À Libreville

1
Fiscalité: les Pays Francophones en Conclave À Libreville
Fiscalité: les Pays Francophones en Conclave À Libreville

Africa-Press – Gabon. Du 3 au 6 février 2026, Libreville accueille la Conférence régionale sur la fiscalité des pays francophones, réunissant 18 États autour des enjeux de la mobilisation des ressources intérieures, de la fiscalité du numérique et du recouvrement des créances transfrontalières, dans un contexte de mondialisation et de digitalisation accélérées.

Libreville abrite, du 3 au 6 février 2026, la Conférence régionale sur la fiscalité des pays francophones. Organisée par la Direction générale des impôts (DGI) du Gabon, en partenariat avec l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et le Cercle de réflexion et d’échange des dirigeants des administrations fiscales (CREDAF), cette rencontre réunit les experts et les représentants de 18 pays francophones autour des grands enjeux fiscaux contemporains.

L’objectif principal de cette conférence est de permettre aux administrations fiscales participantes d’échanger sur leurs priorités communes et de partager leurs expériences face aux défis liés à la mondialisation des échanges, à la digitalisation des économies et à la mobilité croissante des contribuables.

Selon Samia Abdelghani, conseillère principale en fiscalité à l’OCDE, cette rencontre offre au Gabon l’opportunité d’approfondir sa coopération avec les autres pays membres sur des thématiques importantes. «Cela va permettre au Gabon d’échanger avec les 17 autres pays présents à Libreville sur des sujets majeurs, tels que la TVA sur le commerce électronique, la relation de confiance entre les contribuables et les administrations fiscales, ainsi que l’assistance au recouvrement des créances transfrontalières. Ce sont là des leviers essentiels pour la mobilisation des ressources intérieures», a-t-elle expliqué.

L’introduction de la TVA sur le commerce numérique

La fiscalité, a-t-elle ajouté, demeure un instrument important pour financer la croissance, le développement et les infrastructures. À ce titre, les discussions portent notamment sur l’introduction de la TVA sur le commerce numérique. «Le Cameroun et le Bénin partageront leur expérience. Ces pays ont déjà mis en place cette TVA sur le commerce électronique, ce qui leur a permis de générer d’importantes recettes fiscales», a précisé la représentante de l’OCDE.

Pour le directeur général adjoint des impôts du Gabon, Pamphile Eyouga, aucune administration fiscale ne peut évoluer en vase clos dans un monde marqué par l’interconnexion des économies. «La mondialisation des échanges et la mobilité des contribuables, qu’ils soient personnes physiques ou morales, rendent indispensable une collaboration accrue entre administrations fiscales. Il est essentiel d’échanger les expériences et les bonnes pratiques, notamment en matière de recouvrement des créances transfrontalières et de gestion de la relation avec les grandes entreprises, qui représentent près de 80 % des recettes internes de nos États», a-t-il souligné.

Renforcer les capacités de l’administration fiscale

À travers cette conférence, le Gabon ambitionne de renforcer les capacités de son administration fiscale, notamment sur des enjeux utiles, tels que l’échange de renseignements, la digitalisation des procédures, le recouvrement des créances transfrontalières et la sécurisation de la relation avec les grands contribuables, principaux pourvoyeurs de recettes publiques.

Ouvrant officiellement les travaux au nom du ministre de l’Économie, Thierry Minko, empêché, le directeur de cabinet Gilles Potier Loembe a salué l’importance de cette initiative. Il a indiqué que la conférence constitue une opportunité pour les pays membres du CREDAF d’identifier leurs priorités communes et d’exprimer leurs besoins en matière d’assistance technique, afin d’améliorer la mobilisation des recettes internes. «Cette rencontre traduit une volonté partagée de bâtir des systèmes fiscaux plus justes, plus efficaces et mieux adaptés aux réalités économiques actuelles», a-t-il déclaré.

Cette conférence de Libreville se tient dans un contexte marqué par de profondes mutations économiques et technologiques, qui imposent aux administrations fiscales une adaptation permanente. Les conclusions attendues des travaux devraient contribuer au renforcement des systèmes fiscaux des pays participants, en vue d’une meilleure mobilisation des ressources publiques et, à terme, d’une amélioration du bien-être des populations.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here