Africa-Press – Gabon. Le ministère autrichien des Affaires étrangères a actualisé, le 1er février 2026, son avis de voyage pour le Gabon, maintenant le pays au niveau de sécurité 2 («vigilance accrue»). Derrière une mise à jour présentée comme mineure, les autorités rappellent la persistance de risques sécuritaires, aux conséquences bien réelles pour les voyageurs, les entreprises et les assureurs, à l’heure où l’entrée en vigueur du nouveau système européen de contrôle aux frontières s’apprête à complexifier les déplacements vers Libreville.
Le ministère autrichien des Affaires étrangères a procédé, le 1er février 2026, à une mise à jour de son avis de voyage concernant le Gabon. Bien que qualifiée de «mineure», cette actualisation confirme le maintien du niveau de sécurité 2, correspondant à une «vigilance accrue», et rappelle la persistance de risques sécuritaires dans certaines zones du pays.
Classé à risque moyen, le Gabon reste notamment concerné par une criminalité urbaine récurrente. Le ministère met en garde contre «les vols à main armée récurrents à Libreville et Port-Gentil» et recommande aux voyageurs d’«éviter les zones mal éclairées après la tombée de la nuit», en particulier dans les centres urbains. Les autorités autrichiennes soulignent également que «la piraterie dans le golfe de Guinée reste une menace», notamment pour le personnel du secteur énergétique appelé à se déplacer entre Port-Gentil et les installations offshore.
Un enjeu critique pour les entreprises et les assurances
Si le fond de l’évaluation sécuritaire demeure inchangé, cette mise à jour prend une importance particulière pour les entreprises autrichiennes opérant au Gabon, notamment dans les secteurs de l’énergie et des mines, en particulier dans la province de l’Ogooué-Ivindo. En effet, «les assureurs conditionnent souvent la couverture contre les enlèvements et rançons à la date de publication des conseils officiels de voyage», précise le document, ajoutant qu’«un certificat périmé peut annuler les polices».
Dans ce contexte, les services de mobilité internationale sont invités à télécharger le nouveau PDF officiel et à le diffuser auprès de leurs collaborateurs qui devront transiter par les grands aéroports européens vers Libreville au cours des trois prochains mois.
L’EES européen, un facteur de ralentissement supplémentaire
Cette actualisation intervient alors que l’Union européenne s’apprête à rendre obligatoire le Système Entrée/Sortie (EES). Avec un taux de capture biométrique initial de 35 %, le dispositif devrait entraîner un allongement notable des délais aux frontières extérieures de l’espace Schengen. Les autorités autrichiennes préviennent que cela «allongera les files d’attente biométriques pour les ressortissants de pays tiers à Charles-de-Gaulle et autres hubs utilisés pour se rendre au Gabon».
Les voyageurs sont ainsi invités à «prévoir au moins 45 minutes supplémentaires pour leurs correspondances de sortie de l’espace Schengen» et à «conserver les tampons de passeport jusqu’au déploiement complet de l’EES le 10 avril 2026», notamment lors des transits par aéroport Charles-de-Gaulle.
Externalisation des démarches et rappel des protocoles de sécurité
Afin de limiter les retards administratifs, le ministère mentionne la possibilité de recourir à des prestataires spécialisés. Le portail VisaHQ est cité comme solution permettant de pré-vérifier les demandes de visa pour le Gabon, d’anticiper les exigences biométriques et de coordonner la remise des documents par coursier.
Même en l’absence de dégradation du niveau de risque, cette mise à jour constitue un rappel opportun pour les entreprises et les voyageurs. Elle invite à «revoir les protocoles de gestion de crise», à «vérifier la validité des numéros de téléphone satellite» et à «s’assurer que des escortes de sécurité sont bien réservées pour les déplacements nocturnes depuis l’aéroport de Libreville».





