Africa-Press – Burkina Faso. La Direction générale des impôts (DGI) a procédé, ce mardi 6 janvier 2026 à Ouagadougou, au lancement officiel de la facturation électronique certifiée. Cette réforme marque une nouvelle étape dans la modernisation du système fiscal burkinabè et dans la sécurisation des transactions commerciales.
L’initiative vise à opérer une transition progressive de la facture papier, normalisée depuis 2017, vers une facture électronique sécurisée. Désormais, les factures devront être émises à partir d’un système homologué par l’administration fiscale, ce qui garantie leur fiabilité, leur traçabilité et leur protection. Chaque facture devient ainsi une donnée numérique à valeur probante, impossible à modifier ou à falsifier après son émission.
Cette facturation électronique offre de nombreux avantages, tant pour les entreprises que pour l’administration fiscale. Elle permet une gestion plus simple et plus efficace des factures grâce à des processus standardisés et automatisés, améliore la traçabilité et la sécurité des opérations et facilite la conformité fiscale. Elle contribue également à renforcer la transparence et le professionnalisme des entreprises, tout en modernisant leur image.
Le ministre en charge de l’économie et des finances, Dr Aboubacar Nacanabo, a souligné l’importance de cette innovation pour le monde des affaires et qui sera un véritable outil de pilotage pour les chefs d’entreprise, souvent absents du suivi quotidien des activités.
« La facture électronique certifiée est un outil qui va moderniser le monde des affaires, parce que les entreprises, quand elles vendent des marchandises ou elles font des prestations de services, elles émettent des factures. Il y a des entreprises qui ont des logiciels bien conçus pour l’émission de ces factures, mais il y en a encore qui continuent d’émettre manuellement, ce qui ne favorise pas la modernisation de la gestion et la crédibilité de l’entreprise vis-à-vis de ses partenaires. Cette innovation va permettre de disposer d’un outil moderne de gestion au sein des entreprises qui peut permettre d’assurer un bon suivi. Aussi, les chefs d’entreprise ne sont pas toujours disponibles pour suivre leurs activités au quotidien et s’il n’y a pas un outil efficace qui permet d’assurer la traçabilité des affaires et bien sûr de centraliser toutes ces opérations, il n’est pas évident qu’on puisse avoir une bonne gestion. Au vue de tout cela, nous pensons que cette initiative va accompagner le monde des affaires, mais bien sûr aussi accompagner l’administration, parce que les factures font l’objet de déclarations au niveau de l’administration fiscale et il est important que nous puissions avoir les informations fiables pour asseoir l’impôt juste, parce que l’objectif c’est de faire en sorte que chaque opérateur économique puisse payer l’impôt juste au profit de la collectivité », a expliqué le patron de la cérémonie, Dr Aboubacar Nacanabo.
Le ministre des finances a par ailleurs replacé cette réforme dans le contexte global des défis du Burkina Faso, notamment en matière de développement et de lutte contre le terrorisme.
« Notre pays a engagé beaucoup de chantiers importants de développement à côté de la lutte contre le terrorisme.
Cela nécessite beaucoup de ressources souveraines et nous saluons justement l’engagement des entreprises qui nous a permis en 2025 de faire un taux de réalisation de plus de 100%, mais nous voulons encore que ces entreprises restent engagées aux côtés de l’État, pour que l’impôt juste soit payé, afin que nous mobilisions des ressources souveraines pour le développement économique et social du Burkina Faso. Nous allons déployer nos équipes pour qu’elles puissent faire la sensibilisation, la formation, accompagner techniquement les entreprises pour que la mise en œuvre de la facture électronique certifiée puisse être vraiment très aisée au profit des entreprises, au profit de l’État et au profit de tous. », a-t-il conclut.
De son côté, le président de la délégation spéciale consulaire de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), Achille Roland Sow, a qualifié la facture électronique certifiée d’outil de bonne gouvernance. Selon lui, ce mécanisme contribuera à améliorer et élargir l’assiette fiscale, condition indispensable pour répondre aux ambitions de développement du pays.
Partenaire institutionnel de la DGI et du ministère de l’Economie et des finances, la CCI-BF a promis de s’impliquer dans la vulgarisation de ce nouvel outil.
« Éditer et remettre une facture électronique certifiée est un acte patriotique dans la mesure où chaque fois que vous allez avoir une facture électronique certifiée, vous contribuez à votre souveraineté économique, ainsi qu’à celle du Burkina Faso. Cela va permettre à l’assiette fiscale de s’élargir, et nous pourrons faire des routes, des barrages, développer notre agriculture et cela va nous permettre d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. C’est la raison pour laquelle nous appelons l’ensemble des opérateurs économiques, des commerçants, des artisans à se mobiliser et à faire de la facture électronique certifiée leur outil de facturation, qui est aujourd’hui dans sa phase de lancement, mais sera obligatoire d’ici juillet 2026 », a indiqué le président de la délégation spéciale consulaire de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), Achille Roland Sow.
Après une phase pilote concluante en 2025, la facture électronique certifiée entre en phase de déploiement progressif, avec des actions de sensibilisation, de formation et d’assistance, avant de devenir obligatoire à partir du 1er juillet 2026 pour les contribuables du régime normal d’imposition.
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