Une journée avec les enfants autistes : différents mais normaux

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Une journée avec les enfants autistes : différents mais normaux
Une journée avec les enfants autistes : différents mais normaux

Africa-Press – Burundi. La société les stigmatise et les familles ne savent pas comment les traiter. Incompris, les enfants autistes ont du mal à développer des capacités d’adaptation qui leur permettraient de mieux vivre. Ce blogueur a fait une immersion au centre Talitha Koum qui assure leur prise en charge.

Au portail du centre se trouve une note ayant un numéro de téléphone qu’il faut appeler pour que l’on t’ouvre. C’est presque tout le temps fermé à clé. A mon arrivée, un enfant pleure, il ne veut rien faire. Il s’appelle Jayden. Une dame essaie de le bercer, de le chouchouter, mais apparemment, Jayden n’est pas dans son assiette. A l’intérieur de la maison, des chaussures et des cartables sont bien rangés. On me fait savoir qu’une fois au centre, les enfants enlèvent leurs chaussures et mettent des babouches pour qu’ils soient à leur aise. Au salon, j’aperçois Liam, un beau jeune garçon, d’une dizaine d’année. Je remarque quelque chose d’étrange dans sa façon de marcher. Il ne marche que sur la pointe des pieds. « Il est ainsi, et ça ne lui fait absolument rien. On lui fait des massages des pieds qui lui font du bien. », indique son encadreur.

Liam, comme la majorité des enfants pris en charge au centre Talitha Koum, ne parle pas. « Actuellement, nous prenons en charge 14 enfants autistes, et 3 autres qui sont déjà inscrits dans des écoles ordinaires. Peu d’entre eux peuvent parler normalement. Les autistes développent par contre la vision. Ils réagissent par ce qu’ils voient. », précise Noëlla Ulrich Igiramana, assistante de direction au centre.

La normalité dans la particularité10h 45 minutes. C’est la fin de la pause, et le temps pour le travail. Chacun connait son lieu de travail, et ce qu’il va faire. Mais, avant de faire quoi que ce soit, chaque enfant prend une petite image, relative à l’activité qu’il veut faire, car tout est dans le visuel.

Maya fait partie de ceux qui savent parler. Il est temps pour elle de tracer des lignes horizontales et verticales. Elle répète en même temps que sa maitresse : « Je trace une ligne horizontale, puis une ligne verticale. Ne bouge pas la latte. » Et elle entonne sa chanson du jour, « umuzingi munini agura ». Sa maitresse l’aide. Maya a une particularité. Dans tout ce qu’elle fait, elle doit avoir ses poupées près d’elle. Celles-ci lui donnent du réconfort, la rassurent. Maya, tout le temps joyeuse, est par contre sensible aux sons forts, comme les pleurs des enfants, ou encore, les sons de la pluie sur les tôles.

Jacob, lui aussi, parle. Il est passionné par les animaux. Hyperactif, Jacob est très aimant, tout le temps souriant, un peu le contraire de son ami Salim, plutôt grand de taille. Ils partagent la passion pour les animaux, spécifiquement les tigres pour Salim.

Comprendre l’autismeComme l’expliquent les dessins et illustrations imagées qui accueillent tous ceux qui entrent dans les enceintes du centre, l’autiste a du mal à comprendre et à se faire comprendre. Il utilise le langage de façon écholalique, manifeste de l’indifférence, manque de contact oculaire, et parle de façon incessante sur un sujet particulier.

Il comprend mal les conventions et les règles sociales, ne joue pas avec les autres enfants, n’apprécie pas les changements, présente des comportements bizarres, utilise les objets de façon atypique, et peut être hypersensible aux sons et aux odeurs.

Ce dont il faut garder, l’autisme n’est en aucun cas une maladie. C’est un trouble de développement dont les caractéristiques psychologiques des parents ne sont pas responsables de l’autisme de l’enfant.

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