CE Qu’Il Faut Savoir
La province de l’Ituri, en République Démocratique du Congo, fait face à une détérioration alarmante de la sécurité, notamment dans la région de Djugu. Le retour des activités du Mouvement de Révolution Populaire, dirigé par Thomas Lubanga, a entraîné des affrontements récents, causant de nombreuses pertes civiles. La situation humanitaire se dégrade également, rendant l’accès à l’aide difficile.
Africa. La province d’Ituri, et plus précisément la région de Djugu, à l’est de la République Démocratique du Congo, connaît une détérioration grave de la situation sécuritaire, avec un retour des activités du Mouvement de Révolution Populaire, dirigé par Thomas Lubanga, ancien détenu de la Cour pénale internationale.
Bien que ce groupe ait semblé perdre de son élan après des opérations menées par l’armée congolaise, les dernières semaines ont enregistré de nouveaux affrontements, accompagnés d’un lourd bilan initial de victimes.
Alors que l’attention médiatique et politique se concentre largement sur la province du Nord-Kivu, la situation sécuritaire en Ituri demeure extrêmement préoccupante.
Au début de l’année 2015, Thomas Lubanga, actuellement en exil en Ouganda, a lancé un mouvement politico-militaire sous le nom de « Mouvement de Révolution Populaire », justifiant cela par son indignation envers le gouvernement de Kinshasa, qu’il accuse de piller les ressources de l’Ituri et d’ignorer ses conditions, notamment face aux crises sécuritaires croissantes dans la province du Kivu.
Depuis lors, le Parti de la Réforme Congolaise (CRP) s’est imposé comme l’un des groupes armés les plus actifs et répandus en Ituri. Au cours des dernières semaines, des membres du parti ont été aperçus dans les environs de la ville de Buli, située à environ 95 kilomètres de Bunia, la capitale de la province. Buli est un centre commercial important et est devenu un champ de bataille pour le contrôle entre les milices et l’armée congolaise, avec des combats acharnés ; la ville est tour à tour contrôlée par le groupe armé, puis reprise par l’armée.
Récemment, la ville était sous le contrôle des milices, qui sont accusées par l’armée congolaise d’utiliser des déplacés et d’autres civils comme boucliers humains lors des affrontements.
Les chiffres révèlent de lourdes pertes humaines ; selon des sources des Nations Unies, au moins 25 civils ont été tués et plus de 40 autres blessés à Buli et dans les zones environnantes au cours du mois dernier.
Depuis le 26 décembre, 23 blessés dans un état grave ont été transférés à l’hôpital « Salama » à Bunia, un établissement soutenu par Médecins Sans Frontières. De plus, 22 autres blessés ont été soignés à l’hôpital Fataki, situé à environ 15 kilomètres de Buli.
Sur le plan humanitaire, la situation se détériore avec la persistance de l’insécurité. Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), la détérioration des conditions de sécurité entrave l’accès à l’aide humanitaire pour plus de 87 000 déplacés internes vivant à Buli et dans ses environs.
Dans ce contexte, les autorités locales ont signalé la mort d’au moins 17 personnes entre le 5 et le 29 décembre, en raison de la dureté des conditions de vie, du manque de soins médicaux et de la faim, un indicateur supplémentaire de la profondeur de la crise humanitaire qui frappe la région.
Depuis le début des années 2000, la République Démocratique du Congo a été marquée par des conflits armés et des luttes de pouvoir, particulièrement dans l’est du pays. L’Ituri, une province riche en ressources naturelles, a été le théâtre de violences interethniques et de rivalités entre groupes armés, exacerbant la crise humanitaire. Les tensions se sont intensifiées avec l’émergence de nouveaux mouvements rebelles, comme le Mouvement de Révolution Populaire, qui revendique une meilleure représentation et des ressources pour la région.





