Africa-Press. Le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Gedion Timotheos, a accusé l’Érythrée de mener une agression militaire et de soutenir des groupes armés à l’intérieur du territoire éthiopien, selon l’agence Reuters.
Les deux pays, qui s’étaient affrontés lors d’une guerre entre 1998 et 2000, ont signé un accord de paix en 2018 et se sont alliés durant le conflit de deux ans mené par l’Éthiopie contre les autorités de la région du Tigré. Toutefois, l’Érythrée n’était pas partie à l’accord de 2022 qui a mis fin à ce conflit.
Depuis lors, les relations entre Addis-Abeba et Asmara se sont fortement détériorées, et les récents affrontements entre les forces du Tigré et l’armée éthiopienne ont ravivé les craintes d’une reprise de la guerre.
Dans une lettre adressée à son homologue érythréen Osman Saleh, le chef de la diplomatie éthiopienne affirme que les forces érythréennes occupent depuis longtemps des portions du territoire éthiopien le long de la frontière commune et apportent un soutien matériel à des groupes armés opérant en Éthiopie.
La lettre, datée de samedi, indique que « l’incursion des forces érythréennes en territoire éthiopien ne constitue pas une simple provocation, mais des actes d’agression flagrants », et exige le retrait immédiat des troupes érythréennes ainsi que la cessation de toute coopération avec des groupes armés.
Gedion Timotheos a averti que les derniers développements annoncent « une nouvelle escalade », faisant référence à des manœuvres militaires conjointes entre les forces érythréennes et des groupes armés éthiopiens près de la frontière nord-ouest.
Il a souligné que l’Éthiopie demeure ouverte au dialogue à condition que l’Érythrée respecte son intégrité territoriale, se disant prête à engager des « négociations de bonne foi sur toutes les questions d’intérêt commun, y compris les questions maritimes et l’accès à la mer Rouge via le port d’Assab ».
Les déclarations répétées du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, affirmant que l’Éthiopie enclavée a droit à un accès à la mer, ont suscité une vive irritation en Érythrée, pays riverain de la mer Rouge, et ont été perçues par beaucoup comme une « menace implicite d’action militaire ».
Un porte-parole du gouvernement érythréen a indiqué que les autorités vérifiaient si le ministère des Affaires étrangères avait bien reçu la lettre.





